Vincent Darré : Designer et Créateur d’Intérieurs Cinématographiques et Sur-Mesure
Vincent Darré incarne l’esprit libre de la décoration d’intérieur et du design. Avec une approche cinématographique et poétique, il transforme chaque projet en scénario unique, oscillant entre minimalisme, baroque et classicisme. Inspiré par le cinéma, l’architecture et les métiers d’art français, Darré offre un univers où chaque objet et chaque espace racontent une histoire. Dans cet article, découvrez le parcours, la philosophie et le style inimitable de Vincent Darré, où la créativité, l’émotion et la liberté guident chaque geste.

Vincent Darré — L’esprit libre du décor
« Je ne souffre pas de nostalgie », confie Vincent Darré. Et pourtant, ses mots traduisent l’élégance d’un homme qui a traversé plusieurs âges de la création. Il se souvient avec amusement des nuits du Palace, ce Paris des années d’insouciance où se mêlaient étudiants et millionnaires, où seul comptait le style, l’idée, la fête. Aujourd’hui, constate-t-il, l’époque s’est refermée sur les carrières, les calculs et l’obsession du succès : « Cela tue l’esprit créatif, la joie, l’inspiration. »
Pendant le confinement, Darré s’est tourné vers l’écriture. De cet enfermement involontaire est né un livre, Le Petit Théâtre de Vincent Darré, qui retrace ses installations, décors et costumes — des œuvres éphémères mais nourries de vie. « J’aime l’idée de la nostalgie, mais pas de m’y noyer, dit-il. J’ai souvent dû recommencer à zéro, tourner la page, changer de vie. » De la mode, il est passé à la décoration avec la même audace. Rien ne l’effraie : ni vendre ses créations, ni recommencer. « Les gens s’accrochent à leurs habitudes. Moi, j’avance. Il faut réaliser ses rêves, vivre pleinement. »

Héritage et inspiration : Jean Cocteau et l’art poétique
Darré revendique son héritage spirituel : celui de Jean Cocteau. Il admire sa liberté, sa fantaisie, sa vision transversale des arts. « Cocteau n’était pas un mondain superficiel, comme on l’a souvent dit. » De cette filiation, il retient l’idée que la création doit rester un acte poétique et personnel, loin des ambitions commerciales. « Je préfère les projets uniques, originaux, à contre-courant des tendances. »
Après vingt ans dans la mode, aux côtés des plus grands, Darré s’en est éloigné. Selon lui, l’industrie a perdu son âme à force de se livrer à la frénésie des marchés mondiaux. Il se souvient d’une époque où les maisons appartenaient encore à leurs créateurs — Claude Montana, Jean Paul Gaultier… puis Karl Lagerfeld, qui, en réinventant une maison de mode légèrement en détresse, a ouvert la voie à la mode postmoderne. « Dans sa démarche, il y avait du Andy Warhol, de l’humour. Mais les autres ont suivi sans cet esprit de dérision, dit Darré. La créativité s’est noyée dans le commerce. »

Le design d’intérieur comme théâtre et scénario
Aujourd’hui, il voit dans le design d’intérieur un milieu encore artisanal où l’on entend la voix des auteurs. Les designers, tels que Joseph Dirand, Charles Zana ou India Mahdavi, restent maîtres de leur travail. « C’est formidable, cette indépendance. » Les clients investissent désormais dans le design comme on collectionne l’art. Les ventes aux enchères s’envolent, les œuvres deviennent patrimoine. La pandémie, en recentrant les vies sur l’espace domestique, a renforcé ce mouvement.
Pour Darré, chaque projet est un théâtre. Les clients recherchent un univers sur mesure, souvent inspiré du cinéma : Ava Gardner dans La Comtesse aux pieds nus, Audrey Hepburn dans Funny Face. « Mes clients veulent des histoires. Ils veulent jouer dans les films que je crée pour eux. » Ses intérieurs oscillent entre minimalisme et baroque, classicisme et fantaisie, toujours guidés par le récit. « Je suis un scénariste de la vie quotidienne, dit-il. Mon rôle est d’écrire la scène où mes clients se sentiront bien. »
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Matière, artisans et poésie du geste
Darré célèbre dans ses projets le miracle français : la survivance des métiers d’art, du geste et de la matière. Il admire ces artisans qui perpétuent la beauté, à l’image de Raymonde Pouzieux, créatrice de passementeries d’exception pour Chanel et Saint Laurent, restée fidèle à sa campagne et à ses chevaux. « Ces artisans gardent leur indépendance. Ils dialoguent avec nous d’égal à égal. »
Son propre style est un théâtre. Chaque décor devient un scénario. Les intérieurs reflètent un univers personnel et imaginatif, un équilibre entre scénarios inventés, références historiques et audace créative. Chez Vincent Darré, chaque projet est un décor habité, chaque objet raconte une histoire, et chaque espace devient une scène où l’imaginaire prend vie.
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